André Brasilier chez Opera Gallery

Lorsqu’on l’interroge sur ses racines ou ses origines, il y a trois choses essentielles qu’André Brasilier (né en 1929) ne manque jamais d’évoquer : sa naissance en Anjou-Touraine, pays de Du Bellay et de Ronsard et sa vie en Ile-de-France, patrie de La Fontaine et de Claudel. Il y a aussi l’apprentissage du métier en regardant les peintres français : Poussin, Watteau, Delacroix, Matisse, Rouault.

Quant à son credo artistique, il n’a jamais varié en plus de soixante ans de peinture : peindre, c’est transfigurer, plus que figurer. D’où son refus de tout réalisme. Ainsi, très tôt, il a fait sienne, cette phrase de Gauguin : « Il ne faut pas peindre vrai, il faut peindre vraisemblable ». Le défi le plus éminent étant, selon lui, de réussir à capter la figure humaine ; que celle-ci soit réduite à une silhouette anonyme ou bien qu’il s’agisse du portrait de Chantal, sa compagne de toute une vie. L’apparente simplicité de l’œuvre est le fruit d’un dépouillement vers toujours plus de frugalité. Et aujourd’hui, il semble que l’artiste réussisse même à se dégager de sa propre histoire, à briser les limites du cercle de son savoir-faire, faisant la part belle à toujours plus d’accidents, renonçant « à bien faire », pour tout simplement faire. Sonates chromatiques, visions enchanteresses, ode à la Vie… Les amateurs de l’œuvre du peintre ne seront pas dépaysés. On retrouve ses thèmes de prédilection, au premier rang desquels figurent bien évidemment de Chantal (j’ai épousé ma muse, dit-il), mais aussi de somptueux paysages de nature (campagne idyllique ou grands espaces des bords de mer), les chevaux, la musique, le clair de lune, l’eau qui dort ou ruisselle. C’est viril, plein de fougue mais aussi délicat.photographies, en noir et blanc aussi bien qu’en couleurs sera exposée, illustrant l’étendue et la complexité de ses œuvres.

David Rosenberg
Paris, août 2018