Le dirigeable est de retour

Abandonnés après la catastrophe du Hidenburg en 1937 lors de son atterrissage à New York, les dirigeables reprennent du service.

Retour vers le futur
Ces dernières décennies ont vu émerger des concepts aussi divers que variès pour pallier au transport aérien actuel, gros consommateur de pétrole et pollueur par voie de conséquence. Bien des voies ont été explorées et les projets parfois farfelus ou économiquement irréalisables ont été abandonnés. Le drone constitue une solution pour les applications militaires, les photos aériennes ou le survol des zones sensibles, mais n’a pas vocation à devenir un engin de transport dans sa forme actuelle.
Destiné à concurrencer le transport maritime transatlantique, le dirigeable construit par la firme allemande Zeppelin, pionnière dans ce secteur, a vu sa carrière s’achever après la catastrophe du Hidenburg. La deuxième guerre mondiale lui a fourni l’opportunité de produire des dirigeables à vocation militaire, mais l’utilisation de l’hydrogène hautement inflammable constituait une barrière infranchissable pour une exploitation civile du dirigeable. L’arrivée de l’Hélium à permis à Zeppelin de relancer ses recherches dans ce domaine dans lequel la firme a toujours cru.

Économique et écologique
Le choc pétrolier des années 70 et la prise de conscience du réchauffement de la planète ont amené les scientifiques et les chercheurs à imaginer les solutions les plus économiques et les moins polluantes pour l’utilisation de l’espace aérien. De nombreux secteurs de l’économie, de la recherche ou de la sécurité font appel à une couverture aérienne, et dans ce type d’activités, les ballons s’imposent, qu’ils soient captifs ou autonomes. Grâce à leur faible coût opérationnel et leur autonomie largement supérieure aux avions ou hélicoptères, ces ballons possèdent toutes les qualités requises pour assurer des missions de surveillance efficaces, de transport de lourdes charges, ou d’intervention dans des zones inaccessibles. Ce marché exponentiel n’a pas manqué de voir la création d’entreprises dédiées à la recherche et à la fabrication de ballons et de dirigeables aux vocations multiples, en Europe comme aux Usa. Dans le sud de la France, Airstar a développé plusieurs types de ballons et de dirigeables, du plus petit, le Colibri ou l’Électroplume, premier dirigeable à hélium, éclectrique et habité, au plus gros, le projet Aérolifter dont le but est de développer un nouveau moyen écologique et économique pour débarder le bois en montagne. Airstar Aerospace est également le concepteur de l’enveloppe équipée du programme Stratobus mené en collaboration avec ThalesAlenia Space. Acteur majeur dans la conception et la fabrication des ballons captifs, des dirigeables et des systèmes de protection thermique pour les satellites, Airstar Aerospace, installé à Toulouse et à Grenoble est devenu le leader mondial dans le domaine de la fabrication des matériaux utilisés comme enveloppes pour ces aéronefs. Cette expertise en fait aujourd’hui le partenaire incontournable de Thales Alenia Space pour la réalisation du Stratobus, projet destiné à développer un HAPS (High Altitude Platform System) autonome, ouvrant ainsi la voie à un nouveau marché en proposant différents services depuis la stratosphère. Véritable station spatiale du futur, le Stratobus s’élévera jusqu’à l’altitude souhaitée sans l’aide d’un couteux lanceur. A-NSE, autre entreprise française majeure du secteur, propose des aérostats pouvant accomplir des missions diverses, de la défense à la sécurité, civiles et commerciales, qu’ils soient captifs ou dirigeables, d’un faible coût opérationnel, d’un taux d’utilisation élevé, dans le respect des principes de développement durable.

Le ciel accessible à tous
L’invention de Mr de Montgolfier, premier aérostier, retrouve sa place légitime, et la multitude de possiblités qu’offrent « les plus légers que l’air » en font un acteur incontournable du transport aérien de demain et de l’utilisation de l’espace à moindres coûts. Les traversées de l’Atlantique dans le confort des paquebots ne sont pas encore à l’ordre du jour, mais les cargos de l’air sont prêts à décoller, en Angleterre avec l’Airlander 10, et aux Usa avec le Pélican capable d’emporter 66 tonnes. Bientôt, les aérostiers des temps modernes vont pouvoir s’élever à bord de leur petit dirigeable personnel pour une ballade dans le temps.