La Cinquante-huitième de la dérision

L’horoscope Corse toute une histoire !

Aucun respect ! Affalé sur mon transat en ce début d’été, au bord de la Grande Bleue, une blonde à la main (pas ma femme, une bière), je me retrouve agressé sans autre forme de procès par mes charmants éditeurs : « Toi qui te la coules douce, sur l’île de Beauté, tu vas nous écrire sans délai l’horoscope du 58ème numéro ». Mon humeur, jusque-là adoucie par les saveurs, l’ambiance et la chaleur de cette eau turquoise, s’en est trouvée agacée, prise dans un tourbillon de vengeance explosive. Telle est l’origine de cet horoscope adressé non pas à mes éditeurs pinzuti mais à cette île Corse et ses habitants, un témoignage pugnace et magnanime de l’amour que je ressens à leur égard.

Origines : Engager un discours sur les origines de cette île et ses habitants est à double-tranchant. Un squelette, celui de la dame de Bonifacio, serait daté de – 6570 ans AV J.C. Pour information, on recherche encore aujourd’hui les causes de sa mort… mais chut ! Je ne vous ai rien dit… Par ailleurs, le couteau corse prend ses lames d’origine vers le IIème siècle (premiers écrits) où Ptolémée, dans sa géographie, cite le Corse et la Sardaigne comme étant habitées par une population « nuragique ». D’autres écrits de Pausanias le Périégète au cours du même IIème siècle, indiquent que deux histoires se croisent posant l’interrogation suivante : Qui des Corses ou des Sardes sont allés coloniser l’île voisine ? Je ne détiens pas la réponse mais je vous mets sur la voie : Ne dit-on pas que le Sarde dîne en Corse sans jamais en repartir ? Amour : L’Homme Corse prend en général son temps… et il a bien raison. Sauf qu’en amour il n’en est pas de même ! En amour le Corse peut être soit fugace soit direct et entreprenant. Le fugace a l’esprit romantique mais ne bouge pas un cil et attend patiemment que Madame prenne les devants. Toutefois, au moment crucial, il reprend la main ou revient en arrière (puisqu’elle est devant) pour ne pas perdre la figure… et un Corse défiguré devient dangereux. Le Corse direct, quant à lui, entreprend sans réfléchir aux conséquences sachant que son feu bouillonnant peut conduire à des incendies incontrôlés, surtout aux périodes estivales. La Femme Corse ? On me défend d’en parler tellement elle lui est supérieure… Et une Supérieure devenant Mère ! Je ne vous raconte même pas… Travail : Autre nom bienvenu pour ce chapitre : L’écorce et le Bouleau ! Oui et c’est là que le bât blesse ! C’est d’ailleurs pour cela, puisque ça peut blesser, que le Corse décide en général de ne pas y aller. Quand il y va, la modération est son maître-mot. Modérons donc nos propos pour ne pas engager de représailles mais informons tout de même que l’accent y est pour beaucoup. Oui, cet accent rend les choses malléables, douces et fragiles. Je n’oserais vous poser à nouveau cette question qui explique tout : Quel arbre les Corses s’interdisent-ils de planter sur leur île ?… Le bouleau ! Enfin, il y a les Corses intelligents : « Babbone (papy pour les pinzuti), que faut-il pour être heureux dans la vie ? Et bien petit, une bonne santé et un bon travail. Tu vois, moi j’ai toujours eu une bonne santé et ta Mammona (Mamy pour les mêmes pinzuti) elle a toujours eu un bon travail. » Finances : Sans transition et sans exagération, la finance est le nerf de cette guerre. Oui, et je pèse mes mots. Le Corse n’est pas attaché tant que ça à l’argent, ce qui en fait un être très attachant. Le Corse a la notion de l’argent et moins du travail, dilemme donc. La chance des Corses ? Leur île… elle leur offre tout, ils n’ont même pas besoin de se baisser (et cela leur va bien). Attention toutefois à ne pas exagérer avec cette vision lymphatique de la quête du simple besoin. Un conseil, la diversification. Une recette : Un peu d’élevage, quelques engrenages voire accrochages, un soupçon d’antipiratage, et vous pourrez engranger, bref vous arranger… tout est question de proportions. Santé : Le Corse va bien. Et heureusement ! Vu l’état de leurs infrastructures de santé, il vaut mieux. Quelques conseils tout de même pour les neurasthéniques, établissez un programme de rééducation fonctionnelle à la mesure de votre état de santé. Un exercice pour vous y aider : Levez ! Baissez ! Levez ! Baissez ! Et passez ensuite à l’autre paupière… cela deux à trois par jour et vous devriez aller mieux ! Rooh ça va, ne vous vexez pas… c’était juste un clin d’œil (enfin plusieurs)… Restons en conclusion sur le véritable conseil du professionnel que je suis : « Vous, petit Corse air de rien mais qui en dit long, osez apprivoiser enfin votre âme. Ecorcé vif que vous êtes, retrouvez cette fougue du corsaire qui caractérise vos origines, touchez l’écorce de l’arbre de vie et assumez enfin d’être un indépendantiste plutôt qu’un indépendant triste ! » D’ici là, n’oubliez pas, Vous narcissiques lecteurs invétérés de signes astraux, que le vocabulaire de l’horoscope peut en cacher un autre, consommez donc ce type de lecture avec modération, tout est question d’interprétation et d’humour.