L’horoscope du dé-con-finé

La soixante-deuxième de la dérision :

L’été enfin passé, nous voilà replongés dans l’actualité débordante de la rentrée. Mes éditeurs brinquebalants se sont endormis au soleil et ont tout simplement oublié (comme par hasard) de me passer commande… (Je pense qu’ils ont dépensé leurs dernières économies, mais que cela reste entre nous !)

Les premiers signes de l’automne se font ressentir, et à l’heure du retour de la revanche du Coronavirus, l’épilogue risque d’être fâcheux… du déconfiné au con fini il n’y a qu’un pas, me voilà donc poussé à émettre des hypothèses que je vous livre ci-après. Origines : Les origines de ce virus, autant que celles de l’humanité, sont troubles. Toutes les pistes ont été évoquées et, dépistés que nous sommes, nous n’aurons sans nul doute aucune version officielle de « qui a fait quoi à la chauve-souris pour qu’elle nous balance cette couronne de virus ». Aussi, scientifique chevronné que je suis, j’émets à mon tour une hypothèse, celle de Jean-Marie Bigart qui, finalement, est le seul en qui nous pouvons faire confiance : Admettons ! Oui, admettons une fois pour toutes que la véritable raison de cela (que nous ne connaîtrons sans doute jamais) restera dans les aNales de l’incompréhension collective. Amour : L’amour en cette période confinée puis déconfinée a pris une tournure particulière, et quand j’écris « tournure » c’est bien évidemment au sens propre qu’il faut l’entendre, et là encore, quand j’écris « propre », c’est aussi au sens propre qu’il faut l’entendre. J’espère que vous m’aurez compris. L’Amour, disais-je, s’est exprimé avec force et vivacité au cours de ces derniers mois. De cette vision du « couple satisfait qui se retrouvait enfin » à celle de « l’éternel insatisfait qui mesurait à quel point travailler permettait de supporter l’autre », il n’aura fallu que six semaines. Du baby boom annoncé au baby blues assumé il n’y avait qu’un pas, celui de la séropositivité au Covid 19. Un autre point « positif » : tous les bébés qui naitront à la fin de cette année ou au début de la prochaine, « grâce » (ou « à cause ») de ce fâcheux épisode, sortiront une couronne sur la tête tenant ainsi le graal ou la preuve qu’ils ont réussi à nous empoisonner l’existence. Un conseil : mélangez votre fluide glacial avec l’autre tant qu’il est encore temps, l’hiver approchant va sonner le glas du coït amoureux au profit de l’insatisfaction virale. Travail : Parlons-en du travail… puisqu’il s’était trouvé à l’arrêt au moment du confinement ! Il y a eu ceux qui nous ont fait croire que travailler devant la télé pouvait permettre de limiter la casse, puis ceux qui ont assumé en se mettant en chômage partiel ou total grâce aux aides fournies d’urgence. Entre les deux ? Le chômeur qui a regardé la télé sans travailler… et figurez-vous que c’est la grande majorité. Le travail était en berne, le succès aussi, la rudesse de la fin d’année s’annonce édifiante. Seules les professions du bâtiment et/ou de la finance ont su sauver ce qui pouvait l’être, devenant ainsi le moteur de ce qu’il restait de l’économie. Ceux qui construisent et ceux qui comptent ont tenu la baraque pendant que les autres les regardaient hébétés devant la télé. En cette période de reprise, il est souvent conseillé de s’engager de toutes ses forces dans le combat. Cette année c’est l’inverse : planquez-vous et planquez surtout ce qu’il vous reste s’il vous en reste encore. Un conseil, les Caïmans étant encore infectées, vous, petits crocodiles affamés, investissez et devenez propriétaire d’une marque de matelas ou de literie, siège de vos dernières économies et surtout : hibernez plus tôt et dormez sur vos deux oreilles ! Finances : Si vous décidiez de ne pas suivre mon conseil qui précède, vous avez une autre possibilité, celle de demander à votre banque un crédit de déconfinement. Les aides en période délicate vous ont été adressées, destinées à vous aider à ne pas avoir à déposer le bilan. Un emprunt complémentaire pourrait vous permettre d’assumer le post-déconfinement sans vous déconfire. Ainsi, les c* finis fidèles qui aiment le confit et le dauphinois finiraient fanny en faisant fi des finances. Santé : L’annonce, devenue virale, d’une recrudescence de cette attaque chinoise inappropriée, nous engage tous à prévenir ce mal vicié. L’inefficacité des antiviraux est presque prouvée, il ne nous reste qu’à serrer les fesses et à avancer masqués. Alors regardez sans sourciller l’intégrale de Batman, n’abattez pas vos cartes et battez en retraite bien qu’elle ne soit plus assez rémunérée. Il fut un temps pas si lointain où séropositivité était synonyme de distanciation sociale, culturelle, et aussi sexuelle, poussée à son paroxysme… le virus chinois a eu cela de bon qu’il a permis de dédramatiser une affection sanitaire mondiale. Alors osez vous afficher avec votre test positif, car c’est grâce à lui daté de plus de quinze jours que vous pourrez voyager. Les sains, à défaut d’esprit, resteront confinés à jamais, bien fait ! Restons en conclusion sur le véritable conseil du professionnel que je suis : « Vous, déconfiné qui s’apprête à reconfiner et qui filez du mauvais coton, refilez le virus à un autre tant qu’il en est temps. Les positifs pourront aller chiner cet automne dans les rues étroites des petits villages pendant que les négatifs regarderont la télé pour attendre la fin d’un Monde perdu. De mon côté je suis COmplétement-VIDé alors j’arrête. » D’ici là, n’oubliez pas, Vous narcissiques lecteurs invétérés de signes astraux, que le vocabulaire de l’horoscope peut en cacher un autre, consommez donc ce type de lecture avec modération, tout est question d’interprétation et d’humour…