L’immobilier en Principauté

Comment se porte le secteur de l’immobilier monégasque et quels sont les chiffres à retenir? Nous vous dévoilons quelques informations clés permettant d’y voir plus clair et de dresser un bilan de la situation actuelle du marché.

D’après les chiffres de l’Observatoire de l’immobilier monégasque, l’année 2017 enregistre le plus grand nombre de ventes depuis 2006 sur le territoire. Mais quelles sont les spécificités du secteur immobilier en Principauté de Monaco? En regardant les chiffres de plus près, on note que le prix au mètre carré reste stable tandis que le prix moyen est en hausse (de +6,0 %). Autre point à relever, le nombre de transactions diminue et cela entraîne une baisse du montant des reventes immobilières de l’ordre -17,2 %. Au niveau des programmes neufs, si en 2016 aucun projet n’a vu le jour, l’an dernier 15 logements ont été livrés. Des superficies moins importantes Contrairement à ces trois dernières années, avec des programmes comme l’Oiseau bleu, la Petite Afrique ou la Tour Odéon, tous composés de logements de grandes tailles et de très grand standing, les appartements vendus en 2017 sont principalement des deux pièces. Résultat, le montant des ventes a été divisé par deux. En effet, celui-ci est passé de 453,5 M€ en 2016 à 228,9 M€ en 2017. L’une des raisons de ce phénomène est la commercialisation du Stella, immeuble livré en juillet dernier composé uniquement de deux pièces, sauf regroupement de certains lots demandé par des acquéreurs. On retiendra qu’en 2016, deux tiers des ventes concernaient des biens de trois pièces et plus, une grande majorité des ventes de 2017 concernent des deux pièces ou des studios. Comme l’expliquent les spécialistes du marché, cette répartition s’explique par la modification de la typologie des biens vendus. Globalement, le nombre de transactions diminue fortement et retrouve son niveau de 2013. Plus du tiers du montant des transactions ont lieu à Monte-Carlo… Si l’on se penche sur les transactions immobilières par quartier, on remarque que seuls six quartiers ont suffisamment de transactions pour que soit calculé, tous les ans, le prix au mètre carré. C’est à Monte-Carlo, avec 44 094€ le mètre carré, qu’il est le plus élevé. Le prix au mètre carré le moins élevé se situe aux Moneghetti (31 302€/m2). De son côté, le quartier du Larvotto est un quartier à analyser séparément. En effet, il y a très peu de transactions, souvent moins de trois, voire aucune certaines années, mais portant fréquemment sur des biens d’exceptions. C’est le cas en 2017, avec quatre transactions, sur des biens de très haut standing. Le prix au mètre carré s’élevait ainsi à 70 290 €.

– Questions à Pieter van Naeltwijck, Knight Frank Monaco:
Implantée en Principauté de Monaco, l’agence Pieter van Naeltwijck Real Estate Investments, Knight Frank Monaco conseille depuis maintenant près de 35 ans, une clientèle exigeante dans sa recherche d’acquisition ou de location de biens immobiliers d’exception. De la villa de luxe exclusive, à la prestigieuse demeure en passant par l’appartement rooftop hors du commun, ces experts proposent le meilleur de l’immobilier en Principauté de Monaco et sur la Côte d’Azur. Pieter van Naeltwijck, dont le marché cible est les 5000 personnes les plus fortunées de la planète a gentiment accepté de répondre en personne à nos questions. Il faut dire qu’avec son incontournable slogan « Monaco, where else ? », il était l’interlocuteur idéal pour nous éclairer sur le marché immobilier monégasque.

– Quels sont actuellement les biens les plus recherchés en Principauté ?
Actuellement il y a une demande pour des appartements de 2 ou 3 pièces mais en général il y a une carence de tout allant du studio au penthouse. Mais il manque surtout de l’immobilier de qualité. – Quels sont les atouts majeurs de Monaco en termes d’investissement immobilier ? La fiscalité et la sécurité.

– Quelles sont les attentes principales d’un acheteur sur du neuf ?
Ils recherchent surtout des appartements de qualité. Aujourd’hui un client a plusieurs choix en dehors de Monaco et il préféra la qualité et un bon agencement « au goût du jour » et adapté à la vie de famille moderne. Souvent les immeubles anciens ne sont plus du tout adaptés aux besoins actuels.

-Pourriez-vous nous parler d’un bien d’exception que vous proposez actuellement sur Monaco ?
Une propriété qui me plaît spécifiquement est un penthouse sur le port côté Rocher avec une terrasse et une vue extraordinaire. C’est un endroit calme, ce qui est difficile à trouver aujourd’hui à Monaco. L’immeuble en soit n’est pas particulièrement attrayant mais c’est un peu la norme sur le port. Par contre l’espace et la vue offrent une qualité de vie rare. Le prix au mètre carré pondéré est à environ 40.000 € ce qui est la moyenne à Monaco. Le prix étant négociable.

– Proposez-vous actuellement des biens atypiques ou inédits en dehors de la Principauté comme des châteaux historiques ou des domaines viticoles ?
Oui, c’est d’ailleurs un marché que nous connaissons bien puis que cela fait 35 ans qu’on le travaille. Nous avons une propriété de 6 hectares à seulement 200 m de Monaco avec un magnifique parc et une bâtisse d’époque. Il y a des travaux à prévoir mais une telle surface et un tel calme si proche de Monaco c’est vraiment très recherché.

– Diriez-vous que le secteur de l’immobilier monégasque a évolué ces 5 dernières années? Si oui, quels sont les changements majeurs qui se sont opérés ?
Oui le marché a évolué. D’abord en termes de prix puisque les prix au mètre carré ont augmentés d’environ 50% sur les 7 dernières années. C’est aussi devenu un marché pour connaisseurs. Nous vendons surtout à des clients déjà installés sur Monaco. Ils comprennent les particularités et en apprécient les avantages.

– Le marché de l’immobilier semble vouloir tendre vers des biens d’exception alors que le désir d’accueil touristique de la principauté semble plus hétéroclite. Êtes vous d’accord avec cette affirmation ?
Si oui y voyez-vous un danger ? A un moment il faudra dire stop à trop de tourisme et à trop vouloir y installer des activités tout au long de l’année, ce qui n’améliore pas la qualité de la vie au quotidien pour ceux qui y investissent. Monaco souffre d’un manque d’espace et on ne peut pas en attendre des miracles. Dans l’avenir il y aura plus de tours qui j’espère permettront d’accueillir de nouveaux résidents. L’extension en mer nous donnera un peu d’air.