Tendre la nuit au Belles Rives de Juan les Pins

Fenêtre sur mer pour un rendez-vous avec le bonheur mais surtout avec l’histoire de la littérature. Le Belles Rives, cet hôtel de la Côte d’Azur est chargé d’histoire depuis qu’il a été habité par le célèbre couple Fitzgerald dans les années 20. Près de cent ans plus tard, Trends in Riviera est allé s’imprégner de l’ambiance sur les lieux.

De retour à ma Riviera bien-aimée dans une belle villa, je suis plus heureux que je ne l’ai été depuis des années. C’est l’un de ces étranges, précieux et trop éphémères moments où tout semble bien aller. » Ces mots sont ceux de Scott Fitzgerald, résident principal de la Villa Saint Louis, désormais appelée Belles Rives. Mais cette citation pourrait s’appliquer à tous ceux qui ont eu la chance de passer une nuit à l’hôtel de cette époque à aujourd’hui. Ce qui saute aux yeux quand on pénètre dans le hall de l’hôtel est sans conteste le charme intemporel de l’espace. Contemporain et Art Déco à la fois, le Belles Rives a un goût pour le design qui égale celui qu’il a pour la fête. C’est Marianne Estène Chauvin, la propriétaire actuelle des lieux, qui nous raconte que cette atmosphère existe depuis la venue de Zelda et Scott Fitzgerald : « Ils ont amené un peu d’Amérique sur la Côte d’Azur. En 1925, ils reçoivent, font la fête non stop, dansent, se baignent et se font bronzer ! Ils sont libres ! On est loin de l’ambiance d’après-guerre qui règne alors en France. ». Une adresse très VIP Quand l’écrivain, aujourd’hui référence internationale, s’installe à Juan Les Pins, c’est un peu sous l’influence du musicien Cole Porter qui s’est déjà entiché des lieux. Autour des deux stars, se crée alors une bande de copains qui se reçoivent tour à tour dans le cercle d’or de la Garoupe. « Il n’y a personne cette année à Antibes sauf moi, Zelda, Rudolph Valentino, les Murphy, Mistinguett, Rex Ingram, Dos Passos, Olga et Pablo Picasso, Etienne de Beaumont, c’est l’endroit rêvé pour vivre et fuir le monde. » disait Fitzgerald en 1926. La liste non exhaustive donnée par l’artiste est déjà impressionnante. Et lorsqu’il quitte la Villa, la famille Estène va se charger d’entretenir cette tradition très VIP. Marianne Estène Chauvin se rappelle : « quand mes grands-parents ouvrent l’hôtel en 1929, grâce à leur style de vie qui est assez semblable à celui du couple Fitzgerald, ils vont faire perdurer cet esprit de fête et de rencontre. Ma grand-mère était une Zelda. Elle avait cette habitude à l’époque : elle invitait tout le monde à 18h au bar de l’hôtel Fitzgerald. Elle y faisait se rencontrer les clients de l’hôtel et ses amis. » L’occasion d’ajouter des noms très célèbres aux visiteurs de ce bijou méditerranéen. Joséphine Baker, Miles David ou Edith Piaf… autant de superstars qui se sont succédées dans ce majestueux établissement aux 43 chambres avec vue sur la Mer ou le Cap d’Antibes. Mais de tout temps depuis la venue de Fitzgerald le Magnifique, ce sont les écrivains passionnés par le passé de l’hôtel qui rêvent d’évoluer, carnet à la main, dans les couloirs du Belles Rives. « Ma famille a toujours été très littéraire, nous avons grandi avec des murs remplis de livres du sol au plafond. Evidemment, Fitzgerald fait partie de l’histoire de l’hôtel et pour nous c’est extrêmement inspirant » explique Mme Estène Chauvin. Et l’héritage d’ailleurs, se lit réellement sur les murs. En se promenant notamment dans le Bar Fitzgerald, on découvre une photo du couple, parmi les plus célèbres, prise sur les marches de la Villa Saint-Louis. Et ailleurs, le couple dans l’eau, ou la villa seule et somptueuse, capturée du côté mer. Sur ce cliché d’ailleurs, on peut apercevoir deux petites filles qui jouent. « On ne savait pas qui étaient ces enfants. C’est lorsque les petites filles de Scott Fitzgerald sont venues poser la plaque commémorative qui se trouvent dans le hall du Belles Rives qu’elles ont reconnu leur mère sur la photographie affichée à la réception. Tout le monde pleurait. » raconte la propriétaire des lieux. Aujourd’hui l’émotion reste entière. En terrasse pour le petit déjeuner, un magazine dans une main, un livre dans l’autre, on fantasme de se retrouver pendant une semaine entière sur la plage du Belles Rives. Pour bronzer, s’ennuyer, danser et boire des cocktails… à la manière du célèbre Scott Fitzgerald !