samedi 24 juillet 2021

MEC, le plaisir avant toute chose

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C’est l’histoire d’un féru d’art depuis toujours, qui au fil des années a pris le temps de développer et de perfectionner ses techniques mais aussi son inspiration, afin d’aboutir à ce qu’il crée aujourd’hui. L’artiste peintre Jean Michel Basquiat, qu’il affectionne particulièrement, disait « Ce qui vous freine ce n’est pas qui vous êtes, mais plutôt qui vous croyez ne pas être » et pour sûr Mec a fait fi de tout cela afin de devenir l’artiste qu’il souhaitait être. Son terrain d’expression, c’est le pop art, mais de lui on sait peu de choses. Il nous livre néanmoins aujourd’hui avec gentillesse et enthousiasme, ses pensées et ses réflexions sur l’art et sur la vie en général. Portrait passionnant de l’œuvre d’un passionné.

Trends : Comment en es-tu venu à la création artistique et commentta pratique a-t-elle évolué au ls du temps ?

Mec : Aussi loin que je me souvienne, l’art a toujours attisé mon intérêt et ma curiosité. Tout jeune, la peinture m’attirait déjà beaucoup. Tant et si bien qu’à l’âge de 10 ans, mon grand-père m’a offert un livre sur les peintres impressionnistes. Il m’a captivé et c’est à partir de ce moment-là que je me suis lancé à copier les œuvres de Sisley et Van Gogh. J’ai eu l’honneur d’être sélectionné pour intégrer les beaux- arts, malheureusement cela ne s’est pas fait. J’ai toutefois continué à apprendre en réalisant essentiellement des paysages, et des portraits. Tout ce travail m’a conduit vers l’univers qui me correspondait pleinement à savoir le street art et le pop art. Il m’a fallu m’armer techniquement et culturellement pour en arriver à Mec.

« L’art est un répit spirituel et immatériel des difficultés de la vie. »Fernando Botero

Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes œuvres et quels messages souhaites-tu faire passer ?

Ah ça c’est LA question à se poser ! Chacune de mes œuvres fait passer un message, ou plutôt des messages. Ces dernières sont un peu comparables à des millefeuilles. Au premier abord, elles sont colorées et gaies comme ma vision de la vie qui est toujours très positive. Mais il faut également s’attacher aux détails. Et chaque création en fourmille. C’est réellement important pour moi d’y exprimer mesré exions et opinions. Dernièrement j’ai été scandalisé d’apprendreque Pépé le Putois avait été banni et effacé du catalogue de la Warner Bros sous le prétexte fallacieux qu’il inciterait au harcèlement sexuelet contribuerait à la «culture du viol». Non mais où va-t-on ? Ce faitm’a inspiré et j’ai créé sur un capot de Fiat 500 une œuvre qui lui est dédiée. J’ai remplacé la chatte Pénélope par une tigresse qui est le plus gros félin qui existe et qui est ici mariée et heureuse à notre cher Pépé le Putois, pour l’occasion décoré de la légion d’honneur (après tout on la décerne à tout le monde alors pourquoi pas à Pépé). Le romantisme vaincra. C’est d’ailleurs une valeur que l’on retrouve souvent dans mes créations, avec le féminisme. Je dois l’avouer je suis un profond romantique féministe. Le tableau sur Cat Woman en est d’ailleurs une parfaite illustration. J’y ai représenté Madonna enCat Woman qui est courtisée par deux gures félines de Tex Avery :Sylvestre dit Grosminet et Tom. Mais on voit bien en proportions qui a réellement le pouvoir ! Mais les messages que je cherche à faire passer sont variés. Prenez le tableau d’Al Pacino et Bugs Bunny. On y découvre le Al Pacino du Parrain mais retravaillé comme dans Scarface. Il est accompagné de ce brave Bugs Bunny décoré comme Pépé de la Légion d’Honneur. Mais à la place de son iconique carotte, Bugs tient dans sa main le cigare d’Al Pacino et inversement ce dernier brandit une carotte. Alors qui est vraiment la crapule de cettehistoire ? Le message ici c’est qu’il faut se mé er des apparences etdu délit de ‘sale gueule’. On retrouve d’ailleurs aussi cette thématique dans l’œuvre avec les personnages de Shrek. Le Chat Potté pourtant un vil voleur, y est hissé au rang de shérif alors que le gentil âne se voit affublé de la fausse dent du rebelle Joey Star tandis que sa dulcinée semasque a n de se faire toute petite.

Il y a de multiples messages suggérés dans chacune, à vous de les décoder… J’aime que les gens s’interrogent !

Pour la sculpture ‘l’Etoile’, l’histoire est un peu différente. C’est la consécration d’une longue histoire d’amitié. Mon pseudo reprend d’ailleurs les initiales de mon prénom et celles de deux amis. L’und’eux un jour me dit « Et si on créait une œuvre d’art tous les trois ? »Le pari était lancé, nous étions complémentaires, j’avais l’idée, l’un d’eux la technique et le dernier les moyens ! L’étoile est née et nous sommes persuadés qu’elle a sa place dans le monde artistique. Je bouillonne d’idées la concernant, comment la décliner et même comment en faire la toute première œuvre d’art personnalisable selon ses humeurs… Affaire à suivre c’est certain ! Mais vous pouvez déjà découvrir son premier opus ‘Maryline’ à la Gallery Salleya à Nice.

« Il est important de mettre du positif et de la joie dans son existence »

Où puises-tu l’inspiration et que t’apporte la création ?

La culture pop m’a toujours beaucoup in uencé, les artistes, lescouleurs, la positivité de cet univers. Ce sont souvent les personnagesqui me souf ent un tableau. Hormis les demandes spéciales descommandes de clients, j’ai une liste d’au moins 1000 personnalitésque je souhaiterais représenter. Une vie n’y suf rait pas ! D’autres fois,c’est le message qui s’impose à moi de par l’actualité, et je l’illustre avec des associations d’idées. Et ce que la création représente dans ma vie ? C’est tout simple, c’est mon oxygène, ma bulle d’air. La création me permet de respirer, j’en ai viscéralement besoin. J’ai toujours créé, c’est vital pour moi.

Comment te vois-tu dans 10 ans, quels sont tes projets ?

Dans dix ans, j’aimerais comme tout artiste vivre pleinement demon art, a n de m’y consacrer totalement. J’aimerais également que le projet « L’étoile » rencontre son public. Je me verrais bienpar exemple en réaliser un exemplaire monumental et l’offrir à unedes communes de la Côte d’Azur a n que tout un chacun puisse la découvrir et en pro ter. L’art dans la rue c’est une révolution et celarejoint parfaitement mes valeurs profondes.

Quels sont tes artistes favoris et pourquoi ?

J’en ai plusieurs et d’horizons bien différents : Toulouse Lautrec, Pissarro, Bacon, Georges Braque, Van Gogh, Jackson Pollock et bien sûr Jean Michel Basquiat. Je suis tout particulièrement admiratif de leur travail.

Quelle est ton œuvre favorite ?

Le dilemme est cornélien. En fait j’en ai deux. La première c’est le tableau ‘La Femme aux perroquets’ de Gustave Courbet, que j’ai eu le plaisir d’admirer au Metropolitan Museum of Art à New York lors d’un voyage. Et la seconde, c’est Le Lit de Henri de Toulouse Lautrec qui est au Musée d’Orsay. Une œuvre totalement avant-gardiste et provocatrice pour l’époque dont j’adore l’ambiance particulière.

Le mot de la fin ?

Je pense que tout le monde devrait admirer Fernand Botero. Il faut mettre de la gaieté dans tout même le plus sombre. Au simple regard de son œuvre, personne ne pourrait se douter des tragédies vécues par ce grand maître de la peinture de la seconde moitié du siècle. Etpourtant… En bref, même si tout nit mal puisque nous sommestous voués à disparaître, il est important de mettre du positif et de la joie dans son existence. C’est cela que j’essaie de faire passer à travers mes œuvres.

Vous pouvez retrouver les œuvres de MEC sur son instagram mec.popart mais également à la Gallery Saleya rue Louis Gassin à Nice

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