samedi 25 septembre 2021

En tête à tête avec Raynald Aeschlimann President et CEO d’OMEGA

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Efficace et dynamique, Raynald Aeschlimann est à l’image d’Omega, la marque horlogère de premier plan dont il est le Président et le CEO depuis juin 2016. Au cœur de l’actualité avec la responsabilité du chronométrage des Jeux Olympiques de Tokyo, l’entreprise entretient également son image en rappelant son rôle de fournisseur officiel de montres aux astronautes lors de la conquête spatiale. Tout un programme dont cet infatigable patron nous dévoile les grandes lignes.

Maison horlogère de premier plan, Omega a toujours eu pour ambition d’associer son nom à celui du chronométrage des grandes aventures sportives et a mis au point du matériel sophistiqués et précis pour départager les concurrents, dans les années 1940.

Bonjour Monsieur Aeschlimann, pourriez-vous, en quelques mots, retracer pour les lecteurs du magazine TRENDS, les grandes lignes de votre carrière et nous parler de vos fonctions actuelles au sein de la marque Omega et plus largement du Swatch Group ?

Après avoir obtenu mon MBA en économie à l’université de Saint-Gall, j’ai travaillé pendant cinq ans comme consultant en investissement. Puis, en 1996 j’ai rejoint Omega en tant que chef de projet ventes et marketing. J’ai maintenant passé 25 ans au sein de cette merveilleuse entreprise à di érents postes et suis devenu successivement vice-président international d’Omega puis directeur des ventes, du commerce de détail et de la distribution en 2001. Depuis 2016, j’ai eu le privilège d’assumer le rôle de président et de PDG d’Omega et j’ai vécu plusieurs moments forts sur le plan professionnel au cours de cette période – comme la visite des Jeux olympiques, la célébration du 50e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11, la supervision du lancement de notre stratégie de vente numérique et l’introduction de montres intemporelles telles que la Speedmaster 321. En ce qui concerne le Swatch Group, je suis membre de la Direction générale élargie du Swatch Group depuis 2013, ainsi que membre de la Direction générale du Swatch Group depuis juillet 2020.

Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs la place qu’occupe Omega sur l’échiquier horloger mondial ?

Je crois sincèrement qu’Omega fait partie des marques au sommet de l’industrie horlogère (Numéro 2 avec 1.590 millions de CHF en 2020 selon Vontobel Equity Research). Notre incroyable héritage, notre innovation et notre esprit de pionnier n’ont cessé de faire leurs preuves depuis 1848 – non seulement sur Terre mais aussi dans l’espace ! Pourtant, cette histoire n’est qu’un début. Nous repoussons sans cesse les limites de l’horlogerie en améliorant la précision et en créant de nouveaux matériaux exclusifs. Omega est une manufacture en perpétuelle évolution, et c’est pour cette raison que je pense qu’il s’agit d’une marque dont l’ambition la porte à être en tête dans son secteur d’activité.

Dans l’histoire de cette maison reconnue mondialement, quelles sont les grandes dates à retenir pour un amateur ?

Il y en a tellement ! Je recommande à vos lecteurs de jeter un coup d’œil à la Chronique Omega sur notre site Web, qui détaille toutes les grandes étapes de notre histoire. Pour moi, je pense que l’année 1932 est importante. C’est la première fois que nous avons assumé le rôle de chronométreur o ciel des Jeux olympiques. Cet héritage se poursuit encore aujourd’hui. L’année 1965 compte aussi car elle est celle où notre emblématique Speedmaster a été « quali ée par la NASA pour le vol lors de toutes les missions spatiales habitées ». Depuis lors, cette montre a été associée à tous les moments les plus célèbres de l’exploration spatiale, notamment le premier alunissage en 1969. Bien entendu, 1995 fait aussi partie des dates essentielles car elle est celle qui a marqué le début d’un partenariat amusant et créatif depuis lors jamais démenti avec James Bond. Et d’un point de vue purement horloger, la sortie de notre échappement Co-Axial en 1999 et la certi cation Master Chronometer en 2015, ont été des tournants majeurs pour notre marque et l’industrie.

  • Horlogerie En tête à tête avec Raymond Aeschlimann
  • Horlogerie En tête à tête avec Raymond Aeschlimann
  • Horlogerie En tête à tête avec Raymond Aeschlimann
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Quelle est actuellement la politique de la marque en matière de patrimoine ?

Omega célèbre toujours son héritage et nous créons constamment de nouveaux garde-temps qui s’inspirent du passé. Les clients aiment les designs historiques de notre marque. D’un point de vue stratégique, nous prenons également très au sérieux le marché des montres anciennes et avons récemment lancé le certi cat d’authenticité, qui permet aux propriétaires de montres OMEGA anciennes de faire véri er leurs montres par nos experts en Suisse. Cela contribue à créer une plus grande con ance sur le marché et o re aux acheteurs et aux vendeurs une plus grande tranquillité d’esprit. Nous aimons soutenir nos clients de cette manière. Nous partageons la même passion qu’eux pour l’histoire d’OMEGA, et nous faisons tout notre possible pour les aider de toutes les manières possibles.

Une montre a t-elle besoin de s’inscrire dans la légende de l’aventure humaine pour passer à la postérité. Et si oui, selon vous, lesquelles y sont parvenues le mieux chez Omega ?

Les exploits humains sont un excellent moyen de garantir qu’un garde-temps passe à la postérité. Je pense en particulier à de nombreuses histoires où des pièces Omega ont contribué à écrire l’histoire au l des ans. Il y a Buzz Aldrin portant la Speedmaster Moonwatch, ou Victor Vescovo emmenant la Seamaster «UltraDeep» dans l’endroit le plus profond de la Terre. Nous avons même dans notre musée des montres Omega portées par Elvis Presley et John F. Kennedy ! Mais une montre peut aussi devenir célèbre de bien d’autres manières. Par exemple, un design pionnier peut être aimé pendant des générations. Cette année, nous avons lancé la dernière mise à jour de notre Seamaster 300, l’une des premières montres de plongée professionnelle au monde, sortie en 1957.

Dans ce marché horloger mondialisé et pluriel, quelle est la place de la femme chez Omega. Avez-vous une stratégie pour renforcer encore plus votre positionnement aupr s de cette client le que l’on sait complexe et sans doute plus versatile ?

L’horlogerie féminine a toujours eu une place incroyablement importante chez Omega. Notre histoire, dans ce domaine, est vraiment très impressionnante. Et nous sommes fiers d’avoir raconté cet héritage, ces dernières années, par le biais d’événements spéciaux et d’expositions. Même lorsque l’on se penche sur les débuts d’Omega, on peut constater à quel point, déjà, la société s’intéressait aux montres pour dames. En fait, entre 1894 et 1935, plus de 35 % de notre production de mouvements était destinée aux montres pour femmes. Ce pourcentage était important pour l’époque et cet engagement a perduré au fil des ans et a donné naissance à des montres véritablement emblématiques, comme la Ladymatic et la Constellation. Aujourd’hui, nous soutenons la diversité de la clientèle féminine avec une gamme complète de pièces à leur destination. Celles-ci répondent non seulement à nos normes de précision les plus élevées et sont riches d’une incroyable variété de matériaux, de couleurs, de bracelets, le tout, dans des styles propres à l’univers du luxe. Efficaces et intemporelles, elles conviennent également à des styles de vie différents. En substance, que vous recherchiez l’élégance ou l’aventure, Omega a toujours quelque chose à offrir de parfaitement adapté.

En terme d’image, quelle est l’importance de la participation d’Omega comme chronométreur o ciel des Jeux Olympiques.Et, cette image de Chronométreur des J.O. a-t-elle un impact sur le volume des ventes ?

Le rôle de chronométreur des Jeux Olympiques dé nit parfaitement Omega. Il incarne toutes nos valeurs de précision, de abilité, d’innovation, d’excellence, de réussite et de passion pour l’univers des sports. Et cette position est renforcée chaque fois que notre nom apparaît sur les écrans de télévision, lors de chaque événement. Nous jouons ce rôle depuis 1932, ce qui témoigne de la con ance du CIO (Comité international olympique) dans notre capacité à gérer le chronométrage dans toutes les disciplines, ainsi que des athlètes qui dépendent de nous pour capturer chaque fraction de seconde avec une précision extrême. Les Jeux olympiques ont un impact considérable sur notre image de marque. Mais nous travaillons très dur pour maintenir nos normes. C’est un exercice de haute voltige qui requiert toute notre expertise et nos connaissances. Au nal nôtre implication a un impact sur les spectateurs car nous constatons une augmentation naturelle des ventes lors de chaque édition. Mais c’est le sentiment de réussite et de erté en tant que chronométreur que nous apprécions le plus.

Les consommateurs ne sont pas tous identiques d’un continent à un autre. Quels seraient, selon vous, les points communs qui les attirent tous vers cette maison à la si riche histoire ?

C’est une bonne question. Chaque marché est di érent en termes de goûts, mais tous les clients ont généralement des aspirations très communes. Bien sûr, ils veulent une montre qui soit belle et précise, mais ils recherchent aussi l’authenticité. C’est une valeur importante, aujourd’hui. Ce qu’Omega propose, c’est une histoire authentique, avec un véritable héritage et une véritable assurance de qualité. N’importe quelle marque peut dire que ses montres sont excellentes. Mais Omega a été capable de le prouver de manière constante à travers le temps. Les gens ont con ance en ce que nous produisons et ils reconnaissent à nos montres la faculté d’offrir un style, une fonction et une émotion tout à fait uniques.

Dans la perspective d’un marché en pleine évolution, quels sont pour Omega, les différents vecteurs de croissance pour les années à venir et quels sont les principaux outils mis en place par la marque pour séduire la génération montante ?

L’innovation est historiquement consubstantielle à Omega. Ces dernières années, nous avons montré que nous étions capables de relever les défis du magnétisme et de repousser les limites de la précision jusqu’à ses plus in mes marges. Aujourd’hui, nous nous aventurons également sur d’autres terrains. Je dirais que le développement de nouveaux matériaux et d’alliages originaux est important. Ces derniers mois, nous avons lancé une montre en Bronze Gold. Elle offre la douce teinte rose du bronze avec le luxe de l’or et une exceptionnelle résistance à la corrosion. Il est également possible de mentionner des avancées techniques spécifiques telles que l’«Ultra Light», conçue spécialement pour le confort sportif, ou l’«Ultra Deep», destinée à supporter des plongées jusqu’à l’endroit le plus profond des océans. Voilà le genre de différences et de développements qui nous mèneront vers l’avenir. Je pense que tous ces éléments contribuent à nous attirer une nouvelle génération de consommateurs. Mais en plus de cela, nous augmentons également la croissance de notre stratégie numérique. Nos ventes en ligne sont déjà en expansion, et nous apprécions vraiment la connectivité et les aspects sociaux qui nous permettent de partager OMEGA avec un public plus jeune.

Omega Speedmaster Professional Moonwatch
Boîtier de 42 mm de diamètre et bracelet en or SednaTM 18K. Calibre mécanique à remontage manuel Co-Axial Master Chronometer 3861. Fond transparent.

Vous qui êtes un homme de challenges pilotant une marque de référence, quel sera votre défi de demain ?

Ce qui est formidable avec Omega, c’est que le temps révèle toujours quelque chose de nouveau. Je ne connais jamais le prochain défis avant qu’il n’arrive. Mais nous avons de nombreux projets passionnants à venir dans les mois et les années à venir. Je suppose que mon défis est de les superviser et de contribuer à guider Omega vers un succès encore plus grand. C’est un travail que j’aime faire avec passion chaque jour.

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