samedi 21 mai 2022

Légendaire Château « Cheval Blanc »

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Il existe quelques patronymes qui enthousiasment l’âme et l’imagination de tout un chacun. C’est le cas de celui de Château Cheval Blanc, ce Premier grand cru classé A de Saint-Emilion qui fait rayonner à travers le monde toute l’excellence et la gloire des vins français. Riche de ses racines historiques profondes et solides, Cheval Blanc n’en demeure pas moins résolument tourné vers l’avenir, notamment de par ses engagements en matière d’agroécologie. Mais revenons au commencement….

LES GRANDS VINS EXISTENT MALGRÉ L’INTERVENTION DES HOMMES.


PROFESSEUR EMILE PEYNAUD

Tout débute en 1832, lorsque Jean-Jacques Ducasse fait l’acquisition auprès de la Comtesse de Carles de quelques hectares de sa propriété du Château de Figeac à Saint Emilion. Nul ne pouvait prédire à l’époque la destinée incomparable de ce ‘petit bout de terre’, destiné initialement à être la résidence secondaire de ce jeune Président du tribunal de Libourne. Aussi loin que l’on s’en souvienne, la vigne y a toujours été cultivée mais c’est à son gendre, Jean Laussac Fourcaud, un brillant négociant en vins, que cette parcelle de 39 hectares où argiles et graves cohabitent merveilleusement à parts égales, doit son identité si singulière. En effet, au milieu des années 1860, celui-ci a l’idée audacieuse de marier du Merlot, le cépage incontournable du terroir de Saint Emilion à du Cabernet Franc. Cet encépagement pour le moins original est un succès. L’appellation « Cheval Blanc » est lancée.

Pour l’anecdote, les 45 parcelles se composent encore aujourd’hui à 52% de Cabernet franc, 43 % de Merlot et 5 % de Cabernet sauvignon. Pendant les trente années qui suivent, Jean Laussac Fourcaud n’aura de cesse d’améliorer et de parfaire les vins du domaine. En 1862, il obtient sa toute première médaille de bronze à l’Exposition Universelle de Londres. Celle-ci orne toujours les étiquettes des millésimes Cheval Blanc, tout comme la première médaille d’or décrochée en 1878 à l’Exposition Universelle de Paris. 1886 sera l’année de la seconde médaille d’or mais également celle de la construction du mythique château au cœur du domaine. Les professionnels et les amateurs sont unanimes et considèrent désormais Cheval Blanc comme l’un des vins les plus réguliers du monde et l’égal des Margaux, Latour, La te et Haut-Brion. En effet, les vins Cheval Blanc ont l’art de rester longtemps intenses, riches et subtils et ce même après plusieurs années de garde. Cette politique d’excellence, poursuivie par les successeurs de Jean Laussac Fourcaud, sera couronnée en 1954, par la distinction suprême : le classement de Premier Grand Cru Classé « A » lors de la première classification des vins de Saint-Emilion. Le domaine pénètre par la même occasion dans le prestigieux et convoité « Club des 9 premiers grands crus classés » que sont les Châteaux Yquem, Latour, La te Rothschild, Mouton Rothschild, Margaux, Haut-Brion, Pétrus, Ausone et désormais Cheval Blanc.

Le domaine est depuis 1998, la propriété de deux amis passionnés de grands vins, Bernard Arnault (Groupe LVMH) et le Baron Albert Frère (un homme d’affaire belge réputé). Amoureux de Cheval Blanc, ils réitèrent toute leur confiance aux équipes en place. Car Cheval Blanc est avant tout une histoire d’hommes et de femmes passionnés. Depuis 1991, c’est Pierre Lurton, incontournable figure bordelaise issue d’une célèbre famille vigneronne qui est à la tête de ce dernier. Il est aussi Président depuis 2004, d’un autre fleuron de l’excellence française le Château Yquem dans le sauternais, également propriété de LVMH et Cheval des Andes en Argentine (né de l’alliance entre La Bodega Chandon du groupe LVMH et de Cheval Blanc). Il est aussi le propriétaire de son propre domaine, le Château Marjosse dans l’Entre-Deux-Mers (un terroir qui se situe entre la Dordogne et la Garonne dans le vignoble bordelais), la propriété voisine au château où il a passé son enfance. Ce dernier est secondé entre autres par Pierre Olivier Clouet, le directeur technique du domaine et de Carole André, la passionnée Maître de Chai.

Cheval Blanc allie à la perfection savoir-faire traditionnel et modernité, comme par exemple avec son chai ultra moderne signé en 2011 par l’architecte de renom Christian de Portzamparc. Baptisé ‘Chai sur la colline’, ce dernier s’intègre parfaitement à l’environnement, au château et au paysage historique du domaine, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et ce en partie grâce à son toit végétalisé et ses courbes toutes en douceur. Il a d’ailleurs été couronné en 2013 du Prix international d’Architecture, décerné par le Chicago Athenaeum, et par le Centre européen pour le Design d’Art architectural et d’Etudes urbaines. Il est aussi l’un des seuls de sa catégorie à être certi é “Haute Qualité Environnementale”, un label très exigeant qui récompense, entre autres, le choix des matériaux de construction, la gestion de l’eau et des économies d’énergie mais également le confort des personnes qui y travaillent. Ses 6 000 m2 abritent 52 cuves originales à la forme galbée tels des verres à dégustation imaginées par Pierre Lurton lui-même afin d’optimiser la vinification et l’oxygénation des vins du Château.

Chacune d’elles est chaque année dédiée à une unique parcelle du domaine pour une vinification absolument sur-mesure.

Il est coutume de dire à Cheval Blanc qu’ “Un grand vin se révèle d’abord à la vigne”. Ainsi un soin tout particulier est apporté à la culture de cette dernière. Et ce dans le plus pur respect d’une viticulture durable qui marie respect de l’environnement et protection raisonnée. « La base de notre travail est la nature. Nous sommes des agriculteurs et notre production dépend de nos sols », explique Pierre-Olivier Clouet. C’est ainsi que Cheval Blanc a fait de son fer de lance un ambitieux programme d’agroécologie jusqu’ici totalement inédit dans le vignoble français, a n de préserver un terroir vivant et riche. Pour ce faire le Château Cheval Blanc a renoué avec son passé de polyculture comme le recours à des couverts végétaux lors du repos végétatif, l’agroforesterie où les arbres servent de supports à la vigne, la polyculture, ou encore l’élevage de porcs, de poules et de brebis qui viennent entretenir les enherbements et enrichir les sols…

« Notre objectif est bien de produire le plus grand Cheval Blanc possible dans le respect absolu de notre terre, celle que nous transmettrons à nos enfants », conclut Pierre Lurton.

PIERRE LURTONTHE PRÉSIDENT CHÂTEAU CHEVAL BLANC EN QUELQUES QUESTIONS…

Avec quoi accompagner un grand cru Cheval Blanc ?

Je me régale d’un carré d’agneau, élevé sur nos pâturages, parfumé aux aromates du jardin de Château Cheval Blanc.

Quel est votre ivresse favorite ?

Ce que je préfère, c’est m’enivrer de brises marines, un verre de Cheval Blanc à la main.

Quelle bouteille avez-vous ouvert en dernier à votre table ?

Un Trotanoy 2008, magni que Pomerol de la famille Moueix.

La qualité que vous préférez dans un vin ?

C’est son aptitude à voyager dans le temps.

Un verre de Cheval Blanc sur un voilier ou un château Yquem après une promenade à cheval ?

Les deux mon général !

Quelle dégustation de vin vous a le plus marqué ?

Une dégustation extraordinaire avec mes amis brésiliens au Fasano à Rio de Janeiro.

Quel vignoble rêveriez-vous de travailler ?

Un terroir de cabernets francs de la Loire.

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis vignerons ?

J’apprécie leur savoir-faire, la connaissance qu’ils puisent de la terre, et leur humilité face aux nombreux risques, notamment climatologiques.

Qui réuniriez-vous idéalement autour d’une bonne bouteille ?

Ma femme pour un tête-à-tête, près d’un feu de cheminée.

Quand vous ne buvez pas de vin, quelle est votre boisson favorite ?

Une caïpirinha, mais aussi l’eau fraîche de mon puit.

Si vous étiez un vin, ce serait ?

Un Pomerol voluptueux, élégant, aux arômes légers de truffe et de violett




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