lundi 27 septembre 2021

MB&F ou la passion de l’art cinétique créatif

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Après plus de 15 ans de management au sein de quelques unes des Maisons horlogères les plus prestigieuses, comme Jaeger-LeCoultre ou encore Harry Winston (dont il fut le Directeur Général et qu’il relança entre 1998 et 2005), Maximilian Büsser souhaite pousser les murs et surtout être libre de créer des pièces qui lui plaisent avec des personnes qui lui ressemblent. Et des idées il en a plein. Pour ce faire, il y a douze ans, il monte MB&F Maximilian Büsser & Friends, sa marque horlogère indépendante, où il donnera vie aux concepts les plus fous en se libérant totalement du carcan de l’horlogerie traditionnelle. MB&F se définit comme un véritable laboratoire créatif d’art et de micromécanique singulière, voué à la conception et la fabrication en petites séries de garde-temps d’exception. Ses « Friends » sont des artisans créateurs, designers et autres constructeurs de talent, également indépendants, avec lesquels ce dernier partage les mêmes valeurs humaines et travaille sur les étonnantes créations de la Maison. Pari plus que réussi puisque la marque a littéralement révolutionné notre manière de lire l’heure et d’appréhender le temps qui passe.
Les créations de la marque sont très souvent récompensées par les plus prestigieux prix : comme en 2015, où la HM6 Space Pirate a remporté un ‘Red Dot – Best of the Best’ aux incontournables Red Dot Awards (organisés par une des plus anciennes et des plus prestigieuses écoles de design d’Europe : la Design Zentrum Nordrhein-Ouest) ou encore en décembre dernier, où la MB&F Legacy Machine Perpetual a décroché le Grand Prix d’Horlogerie de Genève dans la catégorie Calendrier. Les garde-temps de la maison plaisent, et ce autant aux plus fins connaisseurs qu’aux amoureux de belles mécaniques.

MB&F décline ses stupéfiants modèles en deux gammes bien distinctes : les anticonformistes Horological Machines et les plus classiques Legacy Machines. Pour sa collection Horological Machines, MB&F a souhaité offrir à ses clients d’authentiques sculptures mécaniques, véritables symboles du temps bien au-delà d’un simple objet mécanique qui donne l’heure. Elles sont caractérisées par la forme angulaire et leurs affichages non conventionnels. Par contre, avec ses Legacy Machines, MB&F offre sa propre vision des garde-temps qu’elle aurait pu imaginer et construire il y a 100 ans. Elles sont autant de clins d’œil réinventés à l’excellence horlogère des XVIIIème et XIXème siècles. Les Legacy Machines réinterprètent sous la forme de véritables objets d’art horlogers, les plus grandes complications de grands horlogers des siècles derniers en s’inspirant des objets de l’époque.

La Horological Machine HM8 Can-Am

La petite dernière de la gamme HM, la Horological Machine n°8 Can-Am se montre aussi complexe que remarquable. Elle illustre à la perfection l’esprit novateur en 3 dimensions de la maison tout en s’inspirant librement des supercars de courses Can-Am. Can-Am est à l’origine l’abréviation de Canadian-American Challenge Cup, un championnat de courses automobiles réputé aux États-Unis et au Canada entre 1966 et 1987 et qui opposait des voitures dites prototypes (c’est à dire modifiées ou conçues de A à Z par l’écurie). Ce dernier était tout particulièrement réputé pour sa quasi absence de restrictions règlementaires quant à la puissance ou l’aérodynamisme des véhicules. Une inspiration de choix pour MB&F qui reprend d’ailleurs sur sa HM8 les lignes angulaires et les arceaux de sécurité en titane grade 5 des voitures concourant au Can-Am. Deux prismes optiques permettent la lecture verticale des heures sautantes bi-directionnelles et des minutes trainantes. On y discerne également le rotor astéro-hache caractéristique en surface.

La Legacy Machine LM Perpetual

La dernière création Legacy Machine, est baptisée Perpetual. Pour sa réalisation, MB&F s’est appuyé une nouvelle fois sur le savoir-faire de Stephen McDonnell, un horloger irlandais à qui l’on doit entre autres la finalisation du mouvement de la toute première montre de la marque, la HM1 avec son sculptural boitier en 3 dimensions. Cette Legacy Machine LM Perpetual est la 4ème de la gamme. Elle se voit dotée de la complication calendrier perpétuel, ici totalement réinventée. Son mouvement de 581 composants a d’ailleurs nécessité pas moins de 4 ans de recherche et développement. Traditionnellement cette complication est l’une des plus contraignantes en matière de réglages et de SAV. Mais avec sa LM Perpetual, MB&F a souhaité s’affranchir totalement de ses derniers, en inversant la problématique du nombre de jours par mois. Le processeur mécanique révolutionnaire d’ailleurs breveté par la marque et imaginé par McDonnell prend ainsi pour principe que chaque mois comprend au minimum 28 jours et ajoute simplement les quantièmes nécessaires pour les mois dépassant cette durée. Ce dernier évite ainsi l’usage du grand levier des calendriers perpétuels traditionnels, permettant l’ajout de l’incontournable balancier suspendu propre à la marque et fixant les sous cadrans de manière invisible, bousculant ainsi les codes esthétiques des calendriers perpétuels.

Performance Art et co-créations

Performance Art est une collection un peu à part, où des artistes ou des légendes de l’horlogerie réinterprètent à leur idée les modèles de la marque. La dernière création Performance Art est l’œuvre du designer James Thompson « Black Badger » qui a réinterprété entre autres la HMX conçue à l’occasion du 10ème anniversaire de la marque. Cette HMX Black Badger se dote de cache-culbuteurs découpés dans le matériau signature de Thompson : des blocs massifs qui émettent une lumière particulièrement colorée et forte. En matière de co-création Maximilian Büsser s’est également tourné vers l’unique manufacture spécialisée dans la production d’horloges haut de gamme, l’Epée 1839, pour imaginer l’horloge robot Balthazar. Cette création étonnante, de haute précision micromécanique, nécessite plus de 618 composants pour créer son mouvement et son corps. Avec ses 40 cm et ses 8 kg, il affiche coté pile des heures sautantes « lentes », des minutes trainantes grâce à deux disques positionnés sur son buste, les secondes rétrogrades et l’indicateur de réserve de marche de 35 jours sur son abdomen, tandis que sa face sombre cache son indicateur de double phase de lune. Une véritable œuvre d’art horlogère.

Les M.A.D. Gallery

De la passion pour les belles mécaniques de Maximilian Büsser sont également nées les M.A.D. Gallery (Mechanical Art Devices). La première a ouvert ses portes en 2011 au cœur de la vieille ville de Genève, la seconde trois ans plus tard à Taipei et enfin la petite dernière à Dubaï en janvier 2016. Ces dernières présentent bien évidemment l’ensemble des gammes Horological et Legacy Machines MB&F mais également des œuvres d’art cinétiques méticuleusement sélectionnées à travers le monde entier pour leur fort pouvoir émotionnel. C’est ainsi qu’on y croise par exemple les magnifiques sabliers en verre soufflé de Marc Newson, les déments Robotyp d’Hervé Stadelmann ou encore les étonnantes sculptures métalliques réalisées par l’artiste chinois Xia Hang. La M.A.D Gallery genevoise expose également en ce moment les œuvres photographiques de Fabian Oefner baptisées « Disintegrating II ». Il a fallu à l’artiste suisse pas moins de 2 000 clichés et près de deux mois de travail pour créer chacun de ces cinq tirages grands formats (qui prolongent les trois premiers déjà exposés en 2013). En effet chaque œuvre dévoile une vue totalement éclatée d’une voiture mythique comme une Maserati 250F, une Bugatti 57 SC ou encore une Porsche 956. Pour ce faire, Fabian Oefner a ainsi démonté entièrement les modèles réduits et photographié un à un chacun des composants de ce dernier après l’avoir soigneusement placé dans une certaine position afin de donner l’impression d’une voiture qui explose littéralement. Un travail méticuleux tout particulièrement bluffant. A découvrir.

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